750 grammes
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 " Déridez la toujours
d'une première goutte ...
Là, là tout doucement,
vous la verrez alors
palpiter, vibrer toute,
                                                                       Sourire ingénument.                                                                        
Il faut que l'eau
lui soit ainsi qu'une rosée.
Tenez-vous le pour dit ;
N'éveillez les sucs
dont elle est composée
Que petit à petit ..."

 R. PONCHON - 1891



Le Poison
 


Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,
Allonge l’illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l’âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !

  

Charles Baudelaire (1821 – 1867)

Les Fleurs du Mal : « Spleen et Idéal » (1857)



La Buveuse d’Absinthe

                       
Elle était toujours enceinte,

Et puis elle avait un air...

Pauvre buveuse d’absinthe !
 

Elle vivait dans la crainte

De son ignoble partner :

Elle était toujours enceinte.

 

Par les nuits où le ciel suinte,

Elle couchait en plein air.

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Ceux que la débauche éreinte

La lorgnaient d’un œil amer :

Elle était toujours enceinte !

 

Dans Paris, ce labyrinthe

Immense comme la mer,

Pauvre buveuse d’absinthe,

 

Elle allait, prunelle éteinte,

Rampant aux murs comme un ver...

Elle était toujours enceinte !

 

Oh ! Cette jupe déteinte

Qui se bombait chaque hiver !

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Sa voix n’était qu’une plainte,

Son estomac qu’un cancer :

Elle était toujours enceinte !

 

Quelle farouche complainte

Dira son hideux spencer !

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Je la revois, pauvre Aminte,

Comme si c’était hier :

Elle était toujours enceinte !

  

Elle effrayait maint et mainte

Rien qu’en tournant sa cuiller ;

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Quand elle avait une quinte

De toux, — oh ! qu’elle a souffert,

Elle était toujours enceinte ! —

 

Elle râlait : « Ça m’esquinte !

Je suis déjà dans l’enfer. »

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Or elle but une pinte

De l’affreux liquide vert :

Elle était toujours enceinte !

 

Et l’agonie était peinte

Sur son œil à peine ouvert ;

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Quand son amant dit sans feinte :

« D’débarras, c’en est un fier !

« Elle était toujours enceinte. »

Pauvre buveuse d’absinthe !

 

Maurice Rollinat (1846 – 1903),

 


Fée aux yeux glauques

 

Fée aux yeux glauques, en manteau prune,

Coiffée d'opales et baguée d'émeraudes,

Tes sœurs jalouses ont pu obtenir

Des méchants qu'ils te bannissent

Mais nulle ne saurait se hisser

Sur ton trône de sinople,

Dont le velours conserve encore

À notre dévotion le galbe bibolé

De tes fesses légères

Emile Tisserand "
Les Névroses", 1883

 

 

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